Dès la parution de Silences, en 1990, Jean Pierre Girard affirmait une manière originale de poser l’intrigue dans la crue de ses phrases qui débordent quand on les croit terminées. Quelque chose cherche alors à percer le silence si celui-ci n’est qu’une consigne destinée à masquer la paresse de l’esprit. Quand les silences anonymes sont enfin rompus par la mère d’un enfant autistique ou par celui qu’un éclair saisit au flanc, quand tombe la chape du mutisme, l’écrivain peut enfin s’adonner au silence délibéré, à ce qui emplit ses paysages extrêmes.


Je lui ai raconté une histoire pour que naisse un lieu entre nous. Voilà. Et peut-être aussi, je peux l’avouer maintenant, afin qu’elle raconte à son tour cette histoire — modifiée par elle — à quelqu’un qui habiterait son cœur. J’entretenais au creux de moi ce bizarroïde espoir. Ce n’est pas ce que j’appellerais de la plus grande intelligence ni de la plus haute honnêteté. Je désirais être dans ce conte. Pas vraiment, je veux dire, pas vivant dans le conte, à la manière d’un personnage...


Silences
L'Instant même, 1994, [1re éd. 1990] 139 pages
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