Certes, le bonheur est tiède, du moins à ces heures où un père se penche sur sa fille endormie, ressentant la béance de son incertitude, mesurant ce qui dans le souffle de la petite, se confond avec la palpitation de l’univers. L’amour, l’amitié, les grandes désespérances, toutes les nouvelles dans ce nouveau recueil de Jean Pierre Girard tracent le chemin qui mène au texte final, La certitude de tes souvenirs, à ces yeux d’enfant qui se ferment enfin dans la nuit, et qui nous permettent d’y voir un peu plus clair.


Dans la première demi-heure, aucune de vos honteuses manipulations n’est efficace, évidemment, la petite a déjà vu neiger, mais ensuite, tard, le temps servant pour une fois à quelque chose, bonheur tiède, joue de petite fille sur votre avant-bras, douceur d’un nez minuscule déposé sur votre lancinante lassitude de père, l’enfant abdique sur votre poitrine, et vos bras vos mains trouvent enfin leur sens.



Haïr?
L’Instant même, 1997, 169 pages.
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