Merci à vous, Marie-Claude, vos « faut » m’ont ramené aux miens. Pour le bénéfice de tous, je vous laisse butiner une partie de son courriel : « Bonjour ! Je pensais à votre projet sur les Riens ce matin, en écoutant ma tasse de thé. Et comme toute maman qui pense à une planif de la journée, je me suis demandée si ça ne vous tentait pas d'écrire sur tous ces "faut" qui nous "fauchent". Dans une journée, combien de "faut" faites-vous comparativement à des "ça me tente" ? Et une journée remplie de "faut" ne donne que l'impression de "faux", rarement de "vrai", ne trouvez-vous pas ? ». (Marie-Claude devrait tenir chronique quelque part.)


Est-ce que j’accepterai, au retour, de ne pas céder à tous ces « faut » évoqués par Marie-Claude ? Sais pas. Occuper une résidence est une chance, je continue d’être reconnaissant que la roue se soit arrêtée sur mon numéro, alors que plusieurs autres écrivains mériteraient pareil éloignement, pareille perspective.


Je m’occupe de moi, ici — c’est arrivé assez peu, quand j’y songe. J’ai le temps d’écrire, temps que je prends ou non, ça dépend. Le temps de penser aux anniversaires des gens que j’aime, de recommencer à écrire des lettres avec de l’encre. Suis pas obligé. Je sors marcher sans but, aide trois arabes à garer une voiture en panne, attrape un cornet de frites, pense à ma fille, écris un texto (sans abréviation). Ce n’est pas un exemple, c’est seulement une possibilité de l’existence, que je rencontre à 6000 kilomètres de mes « nécessités ». (Et vous, dites-moi ? Vous occupez-vous de vous ? Ou alors, vous êtes d’une redoutable efficacité, vous rentabilisez chaque minute, et chaque geste possède son sens ? J’espère que vous vous occupez de vous. Que vous êtes inutiles parfois.)


Prière discrète, ici, à ceux qui ont la beauté de m’écrire et de me suggérer des Riens; j’aimerais savoir de quel coin du pays vous êtes. Je ne le révélerai pas sans votre consentement, mais je suis curieux. Je réfléchis à une bonne dizaine de suggestions de rubriques, au fait, entre autres celle de Marc-André : « L’insolite » (l’insolite et les Riens sont vraiment faits pour vivre ensemble). Puis celle de France et Jocelyne, lesbiennes qui tiennent à ce que je mentionne leur prénom et leur état, mais pas leur nom, pour des « fragments de voyage » (je leur récris perso à quel point j’ai hâte que ce monde soit sans terres, et comme je leur souhaite la liberté). J’aime beaucoup aussi « Sites à voir absolument », suggestion d’un Jacques.








ou tu baises). Il se nourrit du plancton aérien et dort en volant en groupe de façon circulaire, ou en recherchant des zones d’inversion de température à environ 1500 mètres d’altitude. Il peut vivre jusqu’à 21 ans et peut parcourir 5 ou 6 millions de kilomètres dans sa vie (7-8 voyages aller-retour entre la Terre et la Lune).


Waouh. Survoler la terre, se poser pour des guili-guili et repartir voler. Tu parles d’un moineau.


Je m’en vais à la Mer du Nord, demain. Tapez ‘Ostende’.

Les «faut» de Marie-Claude 
et la martinet noir
2 juillet 2011

Première rubrique « Insolite », donc, je la trouve marrante. Le Martinet noir peut demeurer trois ans en vol (record mondial du vol sans escale). C’est un oiseau migrateur qui passe sa vie dans les airs et ne se trouve à terre, à toutes fins utiles, que pour se reproduire et couver (pas un mauvais sort :  tu voles