Trilogie identitaire II
« égalité » ou équité, entre hommes et femmes ?
17 novembre 2011

La deuxième hypothèse (pour suivre le fil de cette trilogie, voir « Trilogie identitaire I », sur le site de l’Action ou le mien) tient au principe d’« égalité » entre hommes et femmes. (Autre sujet délicat ; je vais me faire lapider.)


Pour les adeptes de la multiplication des noms de famille évoquée dans la chronique précédente (Gabriel-Pascal Nadeau-Lapierre-Dufour-Lafond), cette « égalité » s’incarne dans l’ajout. Or, non seulement cette vision est-elle assez simpliste, (pensée magique, car « égalité » factice), mais elle évite surtout de regarder en face une réalité inconfortable que je vais exprimer clairement ici, non pas pour provoquer (ce qui reste une attitude juvénile, pratiquée néanmoins par bon nombre « d’adultes »), mais bien pour rouvrir un débat occulté par la Toute-puissance des bien-pensants : les hommes et les femmes ne sont pas égaux, désolé.


Vous avez bien lu.


Hommes et femmes ne sont pas égaux, ils diffèrent complètement. (Et ne laissez personne isoler une citation de son contexte, svp, il y a des bataillons de crosseurs qui s’y appliquent, qui attendent l’occasion de tuer dans l’œuf les pensées qui s’élaborent avec patience.) Mais bref : hommes et femmes ne sont pas égaux. (Romain Gary, dans « L’affaire homme », écrivait: « La femme est bien plus forte que l’homme ; et l’homme bien plus fort que la femme ». Ils diffèrent — et Dieu soit loué qu’ils diffèrent ; qui voudrait que nous soyons pareils ?)


Mais il faut, simplement, l’admettre, pacifiquement le reconnaître, et même arriver à aimer cette différence (comme toute différence du reste), non pas essayer de la poncer avec nos discours corporatistes sur une égalité qui n’existe pas, non pas faire en sorte que nos proches, nos lecteurs, nos étudiants, pensent comme nous. Cette différence est nourriture. Toute la réflexion sur ce sujet capital est là, abordable, saine (mais biaisée désormais, nourrie par les discours où la femme est toujours victime — affirmation qui ne nie pas qu’elle puisse l’être, et bien trop souvent).


Mais aussi, établir immédiatement ceci: il est essentiel de rechercher l’équité, entre hommes et femmes : c’est capital. L’équité est le respect mutuel, la beauté reconnue de nos identités dissemblables et complémentaires. L’équité entre nos deux conditions différenciées (tes SPM sont les miens, mon hockey est le tien, notre allaitement et notre jogging) est matière de vie. La vie n’est d’ailleurs pas un concours de droits ou de forces entre les sexes ; la vie est l’amour de l’autre dans sa différence, et surtout la reconnaissance magnifiée, avec gratitude, de ce que cette différence permet ensuite dans notre propre vie.


Alors, hypothèse 2. : On recherche quoi ? « L’égalité » (nécessairement factice, inventés, politique), ou l’équité, entre les sexes ?


Suggestion : protégez vos arrières si vous pensez que cette chronique a de l’allure, vous êtes vraiment des humanistes, mais cette page est à l’encontre d’à peu près tout ce que vous lisez quand les gens utilisent impunément le mot « égalité ». Ils le galvaudent, et vous allez vous faire haïr si vous le leur faites remarquer. Sont comme ça les gens : hystériques ou névrosés. Et c’est normal.)


Hypothèse 3., la semaine prochaine, ouf : pourquoi les enfants ne porteraient-ils pas tous le nom de leur père ?